[English Below]

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, elle revient sur son parcours, son engagement pour la gestion forestière responsable et les défis actuels du secteur forestier britannique. 

Avec une formation en biologie environnementale et en biologie de la conservation, Rosie Teasdale imaginait initialement une carrière sur le terrain, au contact direct des milieux naturels. Mais le destin en a décidé autrement. 

Rosie Teasdale

J'ai eu la chance de commencer ma carrière dans une structure qui rassemble des organisations environnementales pour trouver un consensus et influencer les politiques gouvernementales”, confie-t-elle. 

Cette expérience lui a fait prendre conscience que ses compétences auraient peut-être plus d'impact “derrière un bureau plutôt que sur le terrain”. 

L'opportunité de rejoindre FSC UK s'est présentée comme un défi encore plus ambitieux : “Ne nous contentons pas de rassembler les organisations environnementales, ajoutons-y les organisations sociales et l'angle économique. C'est un vrai défi.” 

19 ans plus tard, elle est toujours là, ayant évolué d’Assistante Marketing & Services conseil à Directrice  exécutive, poste qu'elle occupe depuis désormais 11 ans. 

L'humain au cœur de la mission de FSC 

Quand on l'interroge sur ce qu'elle apprécie le plus dans son rôle, sa réponse est sans équivoque : “Je pense que cela se résume aux personnes. Travailler avec des gens qui croient en la même mission, c'est un véritable honneur.” 

Elle souligne particulièrement la richesse de travailler dans une organisation à portée mondiale : “C'est un réel privilège d'être dans une organisation qui a cette portée globale. Vous pouvez développer votre propre travail national, mais vous pouvez aussi être inspiré par d'autres pays et travailler avec d'autres collègues.” 

Les défis du secteur forestier britannique 

Le Royaume-Uni présente des particularités notables parmi le paysage forestier européen : 

  • Seulement 14 % de couverture forestière, l'une des plus faibles d'Europe, bien que les programmes de boisement fassent progresser ce chiffre chaque année (la couverture était de 9 % en 1980). 

  • Une grande proportion de forêts sont des plantations, les forêts anciennes ne couvrant que 2,5 % du territoire. 

  • Un défi majeur : rendre la certification financièrement viable pour les petits propriétaires forestiers.  

Nous avons bien réussi à développer la certification FSC auprès des grands propriétaires privés et des domaines publics au Royaume-Uni, mais une part importante des forêts britanniques est composée de bois individuels très petits, souvent détenus par des propriétaires de petite envergure” 

Si FSC UK a réussi à étendre la certification aux grandes propriétés forestières, le défi reste considérable pour les petits bois et domaines. « Ce n'est probablement pas que le standard soit trop exigeant », explique Rosie. « C'est avant tout une question de financement. Comment rendre la certification économiquement viable ? » 

Des mécanismes de certification de groupe existent déjà et permettent de réduire sensiblement la charge administrative et les coûts directs pour les propriétaires individuels, mais ils ne constituent pas nécessairement une solution suffisante pour tous. Rosie estime que l'avenir réside peut-être aussi dans une meilleure valorisation des services écosystémiques (carbone, biodiversité, qualité de l'eau, etc.), afin que les revenus forestiers ne reposent pas uniquement sur la vente de bois : « Si l'on ne dépend plus seulement des revenus du bois, cela pourrait ouvrir la porte à des propriétaires qui ne voyaient pas la certification comme économiquement attractive, tout en mettant en valeur la grande diversité des bénéfices écosystémiques que les forêts britanniques offrent. » 

L'évolution de la perception publique 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon les études de notoriété menées au Royaume-Uni : la reconnaissance de FSC par les consommateurs est passée de 19% il y a 19 ans à 76% aujourd'hui. Un succès qui s'explique par l'engagement des entreprises tout au long de la chaîne d'approvisionnement et la visibilité accrue du logo dans les magasins et supermarchés. 

Cependant, elle note qu'il reste du travail : “Je pense qu'il y a encore un manque de compréhension de ce que signifie vraiment la gestion forestière responsable. Aujourd’hui, les jeunes générations apprennent les enjeux de la durabilité et du changement climatique à l'école, leurs attentes sont beaucoup plus élevées.” 

Être une femme dans le secteur forestier 

Son expérience révèle une évolution positive mais des défis toujours persistants : 

Au début de ma carrière, on me demandait souvent de prendre des notes lors des réunions, même s'il y avait d'autres personnes avec des rôles similaires. Ce n'est que lorsqu’on me l’a fait remarquer que j’en ai pris conscience.” 

Aujourd'hui, elle constate des changements encourageants : “Je pense que maintenant les gens dénoncent cela, et les hommes le dénoncent aussi. Nous avons des collègues masculins qui défendent les femmes, et nous devrions célébrer cela aussi.” 

Conseils aux futures générations 

À celles qui souhaitent s'engager dans ce secteur, elle offre deux conseils précieux : 

  1. Faites confiance à votre propre façon de faire les choses” - “Différent ne veut pas dire mauvais. Vous pouvez avoir confiance en disant : voici comment je fais ce travail.” 

  2. N'oubliez pas de sortir dans la nature” - “Cela peut être vraiment écrasant de traiter des questions comme le changement climatique et la perte de biodiversité. Vous devez vous rappeler ce qui vous motive à faire votre travail.” 

Des modèles inspirants 

Lorsqu'on lui demande si elle a eu des modèles, elle cite immédiatement plusieurs femmes qui l'ont inspirée, notamment Hannah Scrase, qui a créé FSC UK en 1995 - le premier bureau national FSC au monde - et Meriel Robson, son ancienne Présidente du Conseil d'administration qui l'a aidée à prendre confiance dans son rôle de Directrice. 

Mais elle note surtout qu’elle puise son inspiration dans son quotidien : “On peut s'inspirer de quelqu'un le temps d’une journée. Ils peuvent dire quelque chose qui vous inspire et ils ne sauront probablement jamais que cela a fait une différence.” 

À travers son parcours, Rosie Teasdale incarne une forme de leadership calme mais déterminé, fondé sur l’écoute, la coopération et la conviction que les transformations durables se construisent collectivement. Dix-neuf ans après son arrivée chez FSC, elle continue de défendre une gestion forestière responsable avec la même énergie... et la même humilité. 

----------- 

Ce portrait s’inscrit dans une série de trois interviews réalisées par FSC France à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, afin de mettre en lumière les parcours et les engagements de femmes du réseau FSC à travers le monde. Articles à retrouver sur notre site internet.

______________________________________________________________________________

“You don’t need to become someone else to lead.” 


 Portrait of Rosie Teasdale, Executive Director of FSC UK

On the occasion of International Women’s Day, she looks back on her career path, her commitment to responsible forest management, and the current challenges facing the UK forestry sector. 

With a background in environmental biology and conservation biology, Rosie Teasdale initially imagined a career in the field, working directly with natural ecosystems. But her path took a different turn. 

Rosie Teasdale

I was lucky to start my career in an organisation that brings together environmental organisations to find consensus and influence government policy,” she explains. This experience made her realise that her skills may have a greater impact “behind a desk rather than out in the field.” 

The opportunity to join FSC UK represented an even more ambitious challenge: “Let’s not just bring together environmental organisations — let’s add social organisations and the economic angle. That’s a real challenge. 

Nineteen years later, she is still there, having progressed from Marketing & Advisory Service Assistant to Executive Director, a position she has held for 11 years. 

People at the heart of FSC’s mission 

When asked what she values most in her role, her answer is unequivocal: “I think it comes down to the people. Working with people who believe in the same mission is a real honour.” 

She particularly highlights the richness of working within a globally connected organisation: “It’s a real privilege to be part of an organisation with that global reach. You can develop your own national work, but you can also be inspired by other countries and work with colleagues around the world.” 

The challenges of the UK forestry sector 

The United Kingdom has several distinctive features within the European forest landscape: 

  • Only 14%, forest cover one of the lowest in Europe, although afforestation programmes mean this is increasing year on year with forest cover in 1980 being just 9%. 

  • A large proportion of forests are plantations, with ancient woodlands covering just 2.5% 

  • A major challenge: making certification financially viable for small forest owners. 

We’ve had a lot of success in developing FSC certification with the larger private and state forest owners/estates in the UK, but a significant proportion of British woodlands are individually very small, and many owned by smaller scale landholders .” 

While FSC UK has successfully expanded certification among large forest properties, the challenge remains significant for smaller woods and estates. “It’s probably not that the standard is too demanding”, Rosie explains. “It’s mainly a question of financing. How do we make certification economically viable?” 

Group certification mechanisms already exist and really help push down administrative work and direct costs  for individual forest owners , but they are not necessarily a sufficient solution for all. Rosie believes that the future may also lie in better valuing ecosystem services (carbon, biodiversity, water quality, etc.), so that forest income and management focus does not rely solely on timber sales: “If you’re not just relying on timber income, that may open the door for owners who previously didn’t see certification as economically attractive and at the same time demonstrate the vast range of ecosystem benefits UK woods provide.” 

Changing public perception 

The figures speak for themselves. According to awareness studies conducted in the UK, consumer recognition of FSC has increased from 19% nineteen years ago to 76% today. This success is driven by companies’ commitment throughout the supply chain and the growing visibility of the FSC logo in shops and supermarkets. 

However, more work remains to be done: “I think there’s still a lack of understanding of what responsible forest management really means. Today, younger generations learn about sustainability and climate change at school — their expectations are much higher.” 

Being a woman in the forestry sector 

Her experience reflects positive progress, but also persistent challenges. 

Early in my career, I was often asked to take notes in meetings, even when others had similar roles. It was only when someone pointed it out that I became aware of it.” 

Today, she observes encouraging changes: “I think people call it out now — and men call it out too. We have male colleagues who stand up for women, and that’s something we should celebrate as well.” 

Advice to future generations 

For those wishing to engage in this field, she offers two key pieces of advice: 

  1. Trust your own way of doing things.” – “Different doesn’t mean wrong. You can be confident in saying: this is how I do the job.” 

  2. Don’t forget to go out into nature.” – “It can be overwhelming to deal with issues like climate change and biodiversity loss. You need to remember what motivates you to do your work.” 

Inspiring role models 

When asked about role models, she immediately mentions several women who inspired her, including Hannah Scrase, who founded FSC UK in 1995 — the first FSC national office in the world — and Meriel Robson, her former Chair, who helped her build confidence in her role as Director. 

But she also draws inspiration from everyday encounters: “You can be inspired by someone in a single day. They can say something that inspires you — and they’ll probably never know it made a difference.” 

Through her journey, Rosie Teasdale embodies a calm yet determined form of leadership, rooted in listening, collaboration, and the conviction that lasting change is built collectively. Nineteen years after joining FSC, she continues to champion responsible forest management with the same energy — and the same humility. 

----------- 

This portrait is part of a series of three interviews conducted by FSC France for International Women’s Day, highlighting the journeys and commitments of women from the FSC network around the world. The full articles can be found on our website.