Gérer des forêts privées sur le long terme, accompagner des investisseurs institutionnels dans leur transition vers des actifs naturels, et faire de la certification FSC un levier concret de crédibilité et de performance : c'est le quotidien de Forestry France, cabinet de gestion forestière, et de la MACIF, mutuelle d'assurance engagée dans l'investissement forestier depuis près de cinquante ans. Deux acteurs aux profils différents, mais animés par une même conviction : la forêt est bien plus qu'un actif immobilier.
Une gestion forestière qui s'adapte à chaque territoire
Forestry France intervient sur l'ensemble des massifs forestiers de production en France et en Europe, accompagnant des propriétaires privés dans la définition de leur stratégie de gestion à court, moyen et long terme. Une activité qui suppose une forte capacité d'adaptation, tant les contextes varient d'une région à l'autre.
« À chaque région, à chaque pays, ses contextes de forêt, ses essences particulières et ses cultures particulières », résume Éric Boittin, Directeur général de Forestry France et expert forestier. « Ce qui caractérise notre entreprise, c'est son agilité à s'adapter à chacun de ces contextes. »
Résineux dans le Massif central, chênaies dans les plaines de la Loire, pin maritime dans le Sud-Ouest : la diversité des territoires impose une expertise large, renforcée ces dernières années par l'élargissement des profils au sein des équipes de Forestry France et Forestry Europe.

Des enjeux multiples, une réponse à construire dans la durée
Le changement climatique constitue aujourd'hui l'enjeu le plus structurant pour la filière. À l'incertitude sur la régénération des essences s'ajoute la pression croissante des grands ongulés, qui fragilise davantage des forêts déjà soumises à des stress climatiques inédits. Sans oublier les marchés économiques du bois, façonnés par des politiques européennes et des équilibres mondiaux sur lesquels les gestionnaires forestiers ont peu de prise directe.
« On fait face à de multiples enjeux, ce qui renforce le besoin d'une expertise très large pour apporter la meilleure réponse possible à un contexte qui change sur toutes ses dimensions », explique Éric Boittin.
Dans ce cadre, la certification FSC s'est imposée comme un outil structurant. « On considère que c'est un outil qui tire l'entreprise vers le haut, à la fois sur le niveau de la gestion forestière et sur les processus internes », poursuit-il. « Les audits challengent les équipes en permanence et offrent une prise de recul sur des pratiques parfois très ancrées culturellement. » Ils ont aussi permis au cabinet d'ouvrir le dialogue avec des parties prenantes nouvelles (associations environnementales, Parcs naturels régionaux ou encore collectivités territoriales) avec lesquelles les gestionnaires forestiers n'avaient pas forcément l'habitude d'échanger.
« Les forestiers avaient un peu la fâcheuse tendance à rester cachés dans leur bois », reconnaît Éric Boittin. « La certification FSC nous donne un cadre pour rendre ces discussions constructives. »
La MACIF, investisseur forestier de long terme
Du côté de la MACIF, client de longue date de Forestry France, l'histoire avec la forêt commence en 1977. Bien avant que les critères ESG ne s'imposent dans le monde financier, la direction de l'époque avait identifié la forêt comme une classe d'actifs originale, à la fois durable, renouvelable et non délocalisable.
« Depuis que l'homme est sur cette terre, la forêt répond à nos besoins de construction, de chauffage, d'alimentation. Mais c'est pour cela qu'il faut en prendre soin », rappelle Jean-Philippe Laroche, Responsable des participations à la MACIF.
Depuis lors, la MACIF n'a cessé de renforcer son exposition aux actifs forestiers. Un engagement validé par les instances de gouvernance du groupe et pleinement intégré à sa politique RSE d'assureur mutualiste. « Ces investissements font partie de notre volonté d'investir dans et pour le bien commun », souligne Jean-Philippe Laroche.
La certification FSC, un gage de crédibilité et de performance
C'est en 2022, en explorant des opportunités d'investissement en Finlande, que la MACIF découvre la certification FSC. Le 6ème rapport du GIEC, qui mentionne explicitement les actions des exigences de gestion FSC dans l'atténuation des impacts du changement climatique, vient confirmer ce choix.
Avec l’accompagnement de Forestry France, la MACIF engage alors la certification de son parc forestier. Aujourd'hui, près de 30 % des surfaces sont certifiées, avec un objectif de couverture totale d'ici trois ans.
Au-delà de la crédibilité environnementale, des effets concrets commencent à se faire sentir sur les marchés. « On commence à voir des prix du bois qui se vendent un peu plus cher grâce à la certification FSC », note Jean-Philippe Laroche. « On est très attentif à cet enjeu, en tout cas c'est en bonne voie. »
Pour la MACIF, la certification représente aussi un moyen de crédibiliser ses démarches, et de limiter le risque de greenwashing. « Les audits externes qu’imposent le cadre FSC est quelque chose d'intéressant pour tangibiliser et rendre opposable cet engagement, et sortir des problématiques de procès d'intention », explique Éric Boittin.
Un exemple concret : la forêt de Gironde
Sur le terrain, les bénéfices de la certification se mesurent aussi en termes de dynamique économique locale. En Gironde, Forestry France gère un massif forestier certifié FSC qui illustre concrètement ce que peut produire une gestion plus responsable : .« On a mis en place un partenariat de vente de bois avec une industrie locale qui valorise du bois tracé, capable de se positionner à des prix attractifs. On a une meilleure valorisation du bois grâce à l'usine implantée localement », détaille Éric Boittin.
Le cabinet a également développé un projet FSC Impact vérifié dans ce même massif, permettant de valoriser le service écosystémique “Biodiversité”, en travaillant sur une zone humide en interconnexion avec une réserve naturelle voisine. « FSC nous a permis de mener à bien des projets de territoire qui font sens d'un point de vue environnemental, en dépassant les limites cadastrales », explique-t-il.
Vers une forêt au cœur des territoires de demain
Pour Éric Boittin, l'enjeu des prochaines décennies sera de dé-segmenter agriculture et forêt, en réintroduisant l'arbre dans les espaces agricoles et en développant des systèmes agroforestiers. « On voit dans des territoires en Amérique centrale, en Amérique du Sud, en Afrique, que l'arbre est un allié pour les cultures agricoles. C'est riche d'enseignements. »
Pour la MACIF, la priorité est d'inscrire les actifs forestiers dans une trajectoire résiliente face au changement climatique. Les incendies de 2022 dans les Landes l’ont conduit à repenser la stratégie de gestion de son parc pour en assurer la pérennité sur le long terme. « Tout le travail que l'équipe fait aujourd'hui a vocation à durer : dans 10, 15 ans, ce sera une autre équipe qui en prendra le relais. », rappelle Jean-Philippe Laroche.
La forêt et la certification FSC ont cela en commun : elles s'inscrivent dans la durée. Celle des territoires, des génération et des engagements qui durent.
