Photo Carole pour article Voeu

Lors des vœux 2025, j’introduisais mon texte en vous parlant des mutations en cours et des « convulsions du monde ». J’aurais aimé commencer cette année par une touche plus positive. Mais ce début d’année 2026 semble malheureusement repartir sur les mêmes bases. Un conflit en chasse un autre. La brutalité semble l’emporter sur la paix. L’émotion et le court terme sur la raison.

Si l’Europe attise les convoitises de ses voisins, elle demeure apathique ; comme anesthésiée par ce spectacle désolant. Elle semblait pourtant vouloir s’affirmer en proposant un Green deal ambitieux permettant de limiter nos impacts sur la planète, d’assurer plus de transparence dans nos chaînes de valeur et de mieux analyser les risques environnementaux et sociaux des produits que nous utilisons. Nous espérions que cette audace, appuyée par un marché de 450 millions de consommateurs, fasse tache d’huile et incite les autres régions du monde à la suivre. Mais les changements géopolitiques récents l’ont trop vite et trop facilement fait reculer.

Ainsi, la Directive CSDD sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité, qui devait prendre en compte des impacts sociaux et environnementaux des produits entrant en Europe, a-t-elle été largement édulcorée au point de ne plus être opérante. La Directive CSRD relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises, qui visait à mieux identifier leurs impacts, pas uniquement en termes de production de carbone, mais aussi en matière de préservation de la biodiversité ou des droits humains a elle aussi été très largement remaniée.

Même constat sur le Règlement sur la déforestation et la dégradation des forêts de l’Union européenne (RDUE), texte qui nous concerne plus directement. Depuis cinq ans, ce dernier est au centre des discussion des labels comme le nôtre, des entreprises de la filière bois et des ONG. Reporté à deux reprises, il doit à présent être revu en avril 2026. Même si ce règlement complexe et ambitieux était certainement lourd à mettre en place, de très nombreuses entreprises y voyaient une opportunité pour faire la différence avec d’autres opérant en dehors de l’Europe. Se préparant aux échéances initialement définies, certaines ont investi beaucoup de temps et de ressources pour s’y conformer.

Sur le RDUE, la position de FSC est claire : nous le soutenons. Notre label permet d’être conforme au règlement pour ce qui concerne la gestion forestière et nous avons mis en place de nombreux outils pour aider les entreprises à répondre aux exigences de traçabilité géographique.

Mais alors, tout ça pour rien ? Nous sommes convaincus que non. Le travail fait par les entreprises qui ont pris les devants n’est pas perdu. La demande des citoyens-consommateurs pour plus de transparence et plus de respect de l’environnement et des droits humains ne s’arrête pas. Le succès de FSC, et de FSC France en particulier, le montre.

On le voit quotidiennement, les citoyens exigent un meilleur contrôle de la production et de la consommation. Ils critiquent des organisations, y compris FSC, pour ne pas en faire assez. Ils ont raison, il faut être exigeant et la critique fait partie d’une vie démocratique saine et vivante ; elle fait avancer. Pour ce qui nous concerne, elle doit nous inciter à améliorer notre certification en proposant des outils plus robustes pour assurer l’intégrité de notre label tout en les rendant plus simples d’utilisation pour les entreprises qui les mettent en place au quotidien. C’est exactement le sens des conclusions de l’Assemblée générale de FSC International qui s’est tenue en octobre 2025 à Panama.

Au niveau français, FSC continue à grandir. Le nombre de surfaces certifiées augmente et de plus en plus de gestionnaires forestiers nous rejoignent. À l’autre bout de la chaîne, des grandes marques, conscientes de la nécessité de maîtriser les impacts de leurs produits, continuent à se tourner vers FSC et nous avons dépassé le cap des 1000 industriels et négociants certifiés.

Notre gouvernance s’est aussi renforcée, avec l’intégration de la Fédération des Parcs naturels régionaux dans notre Conseil d’administration et l’adhésion de la Confédération Générale des Travailleurs (CGT) aux côtés des autres adhérents comme France Nature Environnement (FNE) ou le WWF France.

J’avais indiqué lors de ma réélection en 2022 que je souhaitais que nous puissions nous affirmer davantage en développant une communication plus proactive. En 2025, nous avons engagé une phase d’analyse stratégique pour mieux définir notre positionnement et préparer sereinement notre communication à venir.

Enfin, notre nouveau référentiel de Gestion forestière, fruit d’une négociation de 5 ans, est entré en application le 1er septembre 2025.

2026 sera une année importante pour notre association. Nous allons en effet réviser notre stratégie pour les 5 années suivantes. Nous engagerons pour cela de larges consultations afin de collecter le plus de données et d’avis possibles. Outre la révision de notre stratégie, le Conseil d’administration a fixé 5 priorités pour l’année 2026 :

- Déployer le nouveau référentiel et poursuivre la dynamique de certification des forêts françaises ;

- Développer la certification FSC dans le secteur de la construction ;

- Renforcer les partenariats avec les marques et distributeurs et s’appuyer sur les entreprises licenciées pour développer l’approvisionnement FSC et leur mise en valeur ;

- Mieux communiquer sur l’intégrité de FSC et préparer notre communication grand public.

 

Dans un monde qui bouge vite, dans un contexte où les règlementations environnementales et sociales sont remises en cause ; FSC France, par le dialogue et le respect des valeurs démocratiques, avec ses salariés, ses adhérents et l’ensemble de ses parties prenantes, continuera son travail, à vos côtés, pour proposer des solutions permettant de produire du bois de façon respectueuse des forêts et des humains qui en dépendent.

 

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2026 !

 

Bannière voeux 2026